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mercredi 18 mai 2011

Publicité et bouche-à-oreille, un mariage dangereux ?

On aime bien reconnaître que le bouche-à-oreille est la forme de communication et de «promotion» la plus efficace et crédible. On parle alors d’une forme de communication informelle entre consommateurs au sujet de produits et de services divers. Des chercheurs influents, comme Katz et Lazarsfeld, ont avancé que le bouche-à-oreille était la meilleure façon d’influencer le comportement d’achat des consommateurs. Il s’agirait de la source d’information la plus crédible d’entre toutes.
Les entreprises et les marques y ont donc accordé une grande attention. Selon certaines estimations, le consommateur américain moyen aurait environ 121 conversations «bouche-à-oreille» par semaine. Du lot, 92 d’entre elles impliqueraient une marque. De là l’importance de s’y intéresser. D’ailleurs, il est devenu une composante non négligeable de la communication-marketing et du mix qui en découle.
La question est alors de savoir si le bouche-à-oreille et la publicité sont de bons compléments, s’il peut être efficace de les combiner dans une stratégie de synergie pour annoncer un produit ou un service. Le sujet a été peu testé. En 2007, une étude a démontré que la publicité avait un effet négatif sur le bouche-à-oreille. Au lieu de le doper, elle l’éteint. Il faut préciser, cependant, que l’effet a été plutôt positif pour certaines catégories de produits. Comme quoi il est délicat de tirer des conclusions finales et définitives…
Une étude récente a fouillé le sujet dans le domaine de l’automobile. Les auteurs ont voulu savoir si la publicité avait un effet positif ou négatif sur le bouche-à-oreille en ligne. Le bouche-à-oreille portant sur 32 marques a été analysé. Et les résultats démontrent qu’une augmentation de la publicité fait diminuer le bouche-à-oreille. Publicité et bouche-à-oreille ne seraient donc pas toujours complémentaires, selon les auteurs.
Plusieurs raisons peuvent expliquer le phénomène. Par exemple, certains consommateurs tirent un réel plaisir de faire découvrir un produit ou un service aux autres. C’est pour eux une sorte de gratification. Mais si le produit ou le service est amplement annoncé, leur rôle d’ambassadeur devient moins pertinent, réduisant ainsi le bouche-à-oreille. De plus, comme la publicité véhicule une certaine somme d’informations, le rôle de ce consommateur comme source d’informations perd en importance.
Ces résultats viennent complexifier, encore un peu plus, le travail des acheteurs médias, des marques et des gestionnaires. Comme quoi, dans ce domaine, la science exacte n’existe pas. 

Source: Jie Feng & Purushottam, Papatla (2010), «Advertising: Stimulant or Supressant of Online Word of Mouth ?» Journal of Interactive Marketing.     



jeudi 25 novembre 2010

Qui est cet «influenceur» tant espéré ? One who understands.

Souvent, on entend dire qu’il faut traquer, identifier et charmer les influenceurs. Se faisant, ils deviendront peut-être porte-parole, répandant la bonne nouvelle sur notre marque, notre produit, notre service. En anglais, ce sont les mavens. Un terme qui vient de l’hébreu et qui veut dire : one who understands. Une compréhension des choses qu’il bâtit à travers ses connaissances qu’il récolte un peu partout. Mais qui est-il, ce tant recherché et espéré influenceur ?
Le bouche-à-oreille est le moyen de communication le plus efficace, étant jugé plus crédible que la publicité. Mais ce ne sont pas tous les individus qui ont ce pouvoir de le rendre encore plus efficace. Dans un réseau social donné, certains auront plus d’impact que d’autres. Ces influenceurs ne sont pas des experts. L’expert focalise généralement sur un sujet ou une classe de produits alors que l’influenceur aura un champ d’intérêts plus vaste. Il est davantage généraliste. Différents traits lui sont associés :
1)      L’influenceur carbure aux connaissances. Il veut connaître, savoir. C’est pourquoi il est un grand consommateur de médias. Il ressent une certaine obligation à connaître et à partager ce qu’il sait.

2)      Il consomme de l’information sans nécessairement acheter. Il ne parle pas que des choses qu’il a achetés.

3)      Il éprouve du plaisir à partager son information.

4)      Il veut aider les autres, les éclairer. Ce désir de partager serait d’ailleurs l’un des moteurs l’incitant à démarrer une conversation, sur un site de partage d’opinions, par exemple. Il a un côté altruiste.

Le grand défi aujourd’hui est de pouvoir les identifier là où ils se trouvent sur le web. On peut penser, entre autres :
1)      Qu’ils vont laisser leurs opinions à plusieurs endroits sur un site de partage d’opinions ou de reviews.

2)      Qu’ils vont visiter fréquemment ce genre de site, sur une base régulière.

Le défi reste donc entier. Les influenceurs peuvent être de bons «disséminateurs» d’informations mais encore faut-il pouvoir les repérer.

  • Pour en apprendre plus sur les outils disponibles pour les traquer

Source: Laughlin, John D. and Jason B. Macdonald (2010), «Identifying Market Mavens Online by Their Social Behaviors in Community-Generated Media», Academy of Marketing Studies Journal, 14,1.